3,7 millions d’euros, auxquels s’ajouterait la trésorerie disponible : c’est le montant qu’on vient de me proposer pour ScalarX Europe.
J’ai refusé.
Pas après plusieurs semaines de réflexion, ni pour tenter de négocier quelques centaines de milliers d’euros supplémentaires, et pas non plus parce que je considère l’offre comme insultante. Elle ne l’était pas. C’est une belle offre.
J’ai refusé pour une raison beaucoup plus simple : ScalarX n’est pas à vendre.
Il existe une idée assez répandue dans l’entrepreneuriat selon laquelle toute entreprise aurait vocation à être revendue, et que la réussite ultime consisterait à transformer plusieurs années de travail en un gros virement bancaire avant de repartir construire autre chose.
Ce n’est pas ma vision. Je ne recherche pas l’exit, même avec un zéro de plus.
Cette société génère aujourd’hui environ 700 000 euros de revenus annuels récurrents, avec une excellente rétention, une croissance organique, très peu de besoins humains et pratiquement aucune activité commerciale ou marketing.
Elle me laisse énormément de temps libre, tout en finançant son propre développement et les projets que je veux construire autour.
La vendre reviendrait à échanger un actif rentable, autonome, croissant et peu consommateur de temps contre une somme d’argent qu’il faudrait ensuite réinvestir pour essayer de retrouver… exactement les mêmes caractéristiques.
Cela n’aurait aucun sens.
Je n’ai pas besoin de liquidités. J’ai bien un projet immobilier, mais celui-ci est au service de ScalarX et de son développement, pas l’inverse.
Je n’ai pas d’investisseurs à rembourser, pas de fonds qui attend sa sortie, pas de dette qui m’oblige à arbitrer, pas d’épuisement qui me pousse vers la porte et aucune envie de prendre ma retraite.
Avec ScalarX, comme avec Override Capital, je ne bâtis pas pour maximiser une valeur de revente. Je construis pour disposer d’outils, de revenus, d’infrastructures, de capacités opérationnelles et d’une liberté d’exécution qui me permettent de travailler sur les projets que je considère importants, sans devoir demander la permission à un investisseur, à une banque ou à une quelconque organisation extérieure.
3,7 millions d’euros, soit plus de 4 millions en ajoutant la trésorerie disponible, représentent évidemment beaucoup d’argent à mon échelle. Avant fiscalité, naturellement, car une fois que les impôts passent par là, il en reste sensiblement moins.
Mais l’argent n’est réellement utile que lorsqu’il augmente le champ des possibles. Or, dans mon cas, cette vente l’aurait réduit.
Même s’il existe évidemment une dimension passionnelle dans la construction de mes marques, le choix le plus rationnel était de conserver la machine qui produit de la liberté, des revenus récurrents et des options pour les vingt prochaines années.
Le prix d’une entreprise n’est pas toujours la question principale. Savoir ce que l’on perd en la vendant compte également.
Lorsque ce type de situation se présente, et c’est un scénario que j’ai déjà vécu avec une précédente société il y a quelques années, la perspective d’encaisser un gros chèque peut inciter certaines parties à exercer des pressions considérables, voire à sombrer dans l’illégalité lorsque leurs intérêts ne sont plus alignés avec ceux de l’entreprise ou de ses fondateurs.
J’ai appris de cette expérience.
C’est notamment la raison pour laquelle je n’ai aujourd’hui aucun associé extérieur ni aucun investisseur dans ces projets : je veux empêcher, dès leur conception, les situations de désalignement susceptibles de compromettre leur indépendance, leur stratégie ou leur avenir.
Enfin, même si je n’en ai pas toujours l’air, surtout depuis que je suis tombé malade, mon ambition n’a pas disparu.
Je ne compte pas me contenter de l’ARR actuel. Je compte le propulser rapidement à 7 millions d’euros, puis le multiplier encore, beaucoup plus loin.
Excellente journée à tous.
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Christophe Casalegno (retrouvez tous mes réseaux sur : all.bo)

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