On les trouve intéressants, parfois même importants, grandioses ou même épiques. Puis on regarde plus en détail : le temps nécessaire, les compétences à réunir, les investissements à mobiliser, puis tout ce qui nous attend déjà sur le bureau…
On les range dans un tiroir en se disant « demain », « ce week-end », « un jour prochain » et, pour la plupart d’entre eux, ils y restent… pour toujours !
Ce tiroir, qui finit par devenir un meuble à tiroirs, est l’une des raisons pour lesquelles (mais loin d’être la seule) je suis si enthousiaste devant la démocratisation et les progrès incroyables de l’intelligence artificielle.
Dans une entreprise, on sait assez facilement compter les heures économisées sur une activité existante. On peut comparer le temps nécessaire pour produire un document, écrire du code ou analyser un dossier.
Mais il existe quelque chose de beaucoup plus difficile à mesurer : la valeur d’un projet qui n’avait jamais eu le droit d’exister.
Pourtant, c’est là que se trouve une partie de ce qui m’intéresse le plus !
Une petite structure peut avoir une idée de produit, de service ou de concept, et manquer des moyens nécessaires pour en explorer sérieusement la faisabilité.
Une personne peut identifier un problème très concret dans son quotidien et renoncer devant la quantité de travail nécessaire pour construire une solution.
Un vieux dossier peut contenir quelque chose de précieux, mais demander des semaines de recherche que personne ne peut raisonnablement lui consacrer…
Mais tout est en train de changer : lorsque le coût de cette exploration baisse suffisamment, les barrières tombent.
On peut concevoir un prototype, vérifier une hypothèse, découvrir qu’on s’est trompé, puis essayer autrement. Même un échec peut devenir acceptable quand il ne consomme plus toutes les ressources disponibles.
C’est aussi dans cet esprit que je construis actuellement plusieurs projets comme Elora, le Beacon Protocol, Life Override ou encore un projet complètement dingue qui vient flirter avec les limites des lois de la physique.
L’IA exponentialise le champ des possibles : elle me permet de transformer mes intuitions, mes rêves, mes espoirs ou juste une idée loufoque en quelque chose de plus « palpable », que je peux examiner, tester, faire évoluer et peut-être… rendre réel.
Alors oui, il reste du travail, des contraintes physiques, des décisions difficiles et des erreurs à corriger.
Une idée médiocre ne deviendra jamais extraordinaire parce qu’on lui a affecté des agents IA. Mais une chose est sûre : celle qui reste dans un tiroir n’a aucune chance de devenir quoi que ce soit de plus…
Alors, quand je réfléchis à ce que cette technologie peut changer, pas seulement dans mes activités professionnelles mais dans ma vie, j’ai envie de rouvrir tous les tiroirs : réexaminer ces projets qui paraissaient trop lourds, trop longs ou trop coûteux et leur donner peut-être… une nouvelle vie ou, au moins, une nouvelle chance d’exister !
Je trouve ça assez extraordinaire de vivre une époque où il devient possible de rouvrir des portes que l’on avait soi-même condamnées pour toujours.
Je ne reviendrais en arrière pour rien au monde !

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