Christophe Casalegno

#Fail : IPv6 : 2 ans après…

Le 25 février 2011, peu après l’annonce dans la presse que « la dernière adresse IPv4 (sic !) avait été attribuée », j’écrivais un article intitulé : Pénurie d’adresses IP : beaucoup de bruit pour pas grand chose  : j’y décrivais la paranoïa au sujet de la soi-disante pénurie de l’IPv4 où certains allaient même jusqu’à parler d’une IPcalypse. J’y démontrais également qu’en réalité, il restait près de 50% des adresses IPv4 encore disponibles.

Ce sont des centaines d’emails que j’ai reçu suite à cet article, et certains sont allés jusqu’à me comparer à Claude Allègre au sujet du réchauffement climatique :  « Le Claude allègre d’IP nie la pénurie« .

ipv4-vs-ipv6

ipv4-vs-ipv6

J’expliquais quelques jours plus tard, qu’ayant été moi même l’un des premiers acteurs en France à proposer de l’IPv6, que son échec en terme de déploiement (qui aurait du être déployé et remplacer IPv4 il y a plus de 10 ans), était notamment du à un problème de (sur) communication sur la pseudo pénurie d’adresse IPv4, au lieu de se concentrer sur les vrais avantages apportés par la nouvelle suite de protocoles.

Un an plus tard, le 11 avril 2012, dans un billet intitulé : « IPv6 et IPv4 : petit retour sur la pénurie », je revenais un an après l’état des lieux, tout en indiquant que contrairement à ce qui avait été annoncé, rien n’avait changé, certains donnaient à cette période l’été 2012 comme la dernière limite possible.

Quid de la situation 2 ans plus tard ? Qu’est ce qui a réellement changé ? Et bien rien pour changer, 99,9% (100% ?) des hébergeurs continuent de livrer leurs clients en IPv4, Internet n’a pas arrêté de fonctionner, IPv4 domine toujours massivement le marché, quoi qu’en disent ce qui mettent en avant les nombreux exemples d’implantation de l’IPv6.

Je n’ai aucun doute sur le fait que je recevrais de nombreux messages pour m’indiquer que cette année « c’est la bonne », en ce qui me concerne, je n’ai pas changé d’avis, IPv4 sera encore à l’année prochaine… et l’année d’après… A suivre.


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21 Comments

  1. Pingback: #Fail : IPv6 : 2 ans après… | Christophe Casalegno » Quality and security of information systems

  2. C’est sûr, la pénurie d’IPv4 a été retardée, grâce à des rustines comme le NAT et l’IP dynamique. Mais ce ne sont que des rustines, qui ne font que retarder le problème en menaçant l’intégrité de l’Internet (Quand on est derrière un NAT, souvent non-maîtrisé, et qu’on a une IP dynamique, est-il encore possible de faire de l’internet ?).

    • « Quand on est derrière un NAT, souvent non-maîtrisé, et qu’on a une IP dynamique, est-il encore possible de faire de l’internet » : tant qu’il s’agit d’utilisations « classiques » type surfer sur le web, utiliser les réseaux sociaux, consulter ses emails, etc… cela fonctionne très bien. La nécessité (technique) d’avoir une adresse IP « publique » par utilisateur concerne moins de 5% d’entre eux. Je fais partie de ces 5%, mais ce n’est pas le cas de la « majorité ».

      J’ai la chance d’avoir des bureaux situés directement au coeurs d’un datacenter, et alimentés en Gb/s, pourtant, j’ai mis les postes en production sur un réseau privé, derrière un firewall qui lui a une ip publique, et cela fonctionne très bien comme ailleurs. Pour des stations, les besoins en ip publiques sont quand même vraiment limités.

  3. En fait c’est sur… Si on regarde Free ou Orange, on ne risque pas de voir des problèmes car ces sociétés ont en réserve des millions d’IPv4…. Et ceci depuis longtemps. Par contre pour les petits ISP (le plus souvent fibre optique…) qui se sont créés il y a pas tres longtemps, la pénurie commence a se faire sentir…. Vraiment. C’est pas l’apocalypse… Mais ca commence un peu quand meme….
    Ceux qui vont souffrir en premier ce sont les petits… Mais pas les gros.
    A+

    • Bah Free file déjà des v6 en plus…
      Y’a des FAI qui ne fournissent pas de v6 ?

      • La vrai question est : combien d’abonnés les utilisent vraiment ? J’ai donné durant 5 ans du transit IPv6 avec les contrat de transit IPv4, mais je n’ai jamais vu de client en utiliser. Le seul que j’ai vu exploiter IPv6 était un salarié de la société dans le cadre d’autres activités à lui.

    • Bonjour Redge, expérience encore vue le mois dernier : même un petit opérateur peut obtenir une /22 ou une /21 en prenant le statut de LIR auprès du RIPE (il est vrai qu’avant, ce n’était pas vraiment nécessaire…), mais des blocs ips sont toujours alloués régulièrement.

      • Ben oui. Seulement tout le monde n’a pas les moyens de passer LIR. Et mon FAI associatif est obligé de s’emmerder avec un range PA, alors qu’on pouvait obtenir du PI il y a encore quelques mois. Comme le disait redge, d’une certaine manière, et sans que ce soit la fin du monde, les petits trinquent déjà.

        • Les PA ont toujours été plus simples à obtenir que les PI, ce qui est par ailleurs normal. La différence avec avant, c’est que maintenant, il faut vraiment justifier le besoin (dans le texte ça a toujours été le cas, mais il y avait beaucoup plus de laxisme avant). A noter que les PA conviennent très bien à la grande majorité des utilisations. Peut on connaître si ce n’est pas indiscret, quel type d’association ou pourquoi avait elle besoin d’une PI ?

          • Il s’agit d’un fournisseur d’accès à internet. PI nécessaire pour pouvoir être multihomé et pouvoir annoncer son range n’importe où en BGP sans être gêné par l’annonce d’un superbloc par le LIR. Précisément la raison d’être des ranges PI.

            • Ok, dans ce genre de cas, c’est évident que tu as besoin d’une PI : on est en plein dans le coeur de métier du réseau, mais n’importe quel LIR devrait pouvoir t’obtenir une PI facilement dans ce type d’activité.

              • Non. Le RIPE ne satisfait plus ce type de demande depuis l’automne 2012 (depuis qu’ils ont attaqué leur dernier /8). C’est fini. La seule solution pour obtenir un PIv4 (et pas plus d’un /22) est maintenant d’aligner les brouzoufs pour passer LIR. L’astuce, maintenant, est de trouver un LIR qui distribue des PA sans annoncer leur superbloc. Et ils sont rares.

    • Il faut également noter que pour une grande majorité des utilisateurs (dont je ne fais pas parti), le fait d’avoir une adresse IP fixe, ou même publique ne présente aucun intérêt quand il s’agit simplement de surfer sur le web, utiliser les réseaux sociaux et lire ses emails. Un accès Naté fonctionne alors très bien (une grande partie des connexions 3G utilisent par ailleurs ce système).

  4. Ça bouge quand même un peu, OVH facture maintenant les IPV4 supplémentaires. Avant non :)

  5. Il y a quand même eu des effets de bord pour certains sites, comme BetaSeries (voir cet article pour plus de détails : http://maxime.sh/2012/11/penurie-ipv4-hamachi/ ).

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