Décidément rien ne va plus pour le PS : plus le temps passe et plus l’absentéisme augmente… Bien entendu je ne parle pas des absences scolaires, mais de l’absence de programme. C’est ainsi que j’ai pu voir durant l’intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1 un tweet du Parti Socialiste pointant vers une publicité vers ses “propositions” concernant l’éducation nationale.
Vivement intéressé (le PS aurait t’il à nouveau un programme ?), je m’empresse de cliquer sur le lien pour arriver sur les propositions (sic !!) suivantes :
Le PS propose pour la réussite de tous:
- Dès 2 ans, le choix pour les parents, entre des solutions de garde collective et l’école maternelle. Ecole rendue obligatoire à partir de 3 ans.
L’école obligatoire à 3 ans ?? mais où va t’on, et pourquoi pas rendre obligatoire la crèche à 1 an également ? Que l’on offre des solutions viables aux parents n’ayant pas la possibilité pour des raisons professionnelle d’assurer leur rôle ok, mais imposer à des enfants (limite à des bébés) l’école (qui s’apparente d’avantage à une garderie), je trouve cela purement et simplement scandaleux.
- En primaire, une nouvelle organisation de la semaine sur 5 jours et de la journée. Journée mieux partagée entre travail, activités sportives et éducatives et intégrant le travail personnel.
C’est bien gentil, mais quid des bénéfices de cette mesure et des études qui s’y rapportent ? Proposer de changer quelque chose c’est bien, mais en expliquant pourquoi cette solution serait meilleure et surtout quel problème elle résout : c’est mieux !
- Au lycée, la mise en place d’un service public d’orientation de proximité dans les régions.
Encore une proposition sans explication, les services d’orientation existent déjà au niveau des établissements scolaires, qu’est sensé apporté un service d’orientation au niveau de la “région” ?
- Pour ceux qui sont déjà sortis du système, la création d’un dispositif « nouvelle chance ».
Il est aujourd’hui déjà possible de reprendre des études, même à 80 ans. Qu’apporte ce dispositif “nouvelle chance” comme possibilité qui n’existe pas déjà ?
- À l’université, la transformation des premières années pour lutter contre l’échec. Avec une amélioration de l’encadrement et une moins grande spécialisation des filières, organisées en grands domaines d’enseignements.
A l’encontre du bon sens et de toutes les études ? Alors que certaines formations atteignent aujourd’hui un taux d’embauche à la sortie de 100% de part leur spécialisation et le retrait de matière générales inutilisées sur le marché, pourquoi faire marche arrière ? Un spécialiste est une valeur ajoutée, pour lui, comme pour le pays, un généraliste n’est très bon “nulle part”…
Conclusion : des propositions lancées en l’air qui n’ont, comme pour habitude ni queue ni tête.
Christophe Casalegno
http://twitter.com/Brain_0verride
Tags: école, éducation nationale, fac, faculté, lycée, parti socialiste, politique, programme, ps, socialiste, ump, université
offre d’emploi au maroc…
[...]Education nationale : le “programme” du PS « Carnet de route d'un Hacker / Christophe Casalegno[...]…
J’ai parmi mes proches une institutrice de 55 ans, qui enseigne en cours primaire et elementaire, et qui a vu evoluer la situation. L’echec scolaire à ce niveau d’apprentissage est souvent lié au manque d’aide la part des parents, et, m’a t’elle affirmé (après ce n’est que son expérience), c’est de pire en pire à ce niveau là ; la continuité n’étant pas assurée à la maison pour certains enfants, tout ce qui a pu être appris sur une période n’est pas solidement installé. Et le travail préparatoire effectué en maternelle, peut, pour ces enfants être un atout supplémentaire. D’où mon avis sur l’interêt des devoirs fait sur le temps de scolarisation avec un soutien indivuiduel.
Quand je parle de ton domaine, c’est juste pour te donner un exemple concret que la situation évolue. Si on peut effectivement s’y adpater aux changements de conjoncture, c’est très bien. Par contre, tu ne pourras pas demander à quelqu’un qui a fait des études pour être notaire de travailler chez un huissier, et vice versa, avec la meilleure volonté du monde. Ceci n’est encore qu’un exemple. La question n’est pas de favoriser l’enseignement génréral à tout prix, mais de consacrer un temps plus limité à une spécialisation, en fonction des offres d’emploi et des personnes qui peuvent y postuler en temps réel.
Là encore, c’est en voyant mon entourage, pourtant dans la “bonne” tranche d’âge sur le marché du travail, que je constate que la spécialisation n’est pas focément un atout.
Ceci dit, chacun a son expérience, et donc son opinion, je respecte la tienne et doit admettre que ta situation ne te permet pas de trouver des avantages à ce “programme”. Pour ma part, je pense qu’il a le mérite de soulever des questions interessantes, mais mériterait un audit car comme souvent, on cherche des bonnes idées qui peuvent faire mouche sans même consulter les premiers concernés, à savoir les enseignants tous niveaux confondus.
“Pour en revenir à la spécialisation, aujourd’hui tu enseignes et conseilles donc une formation qui pour toi es un bon “investissement sur l’avenir”, professionnellement parlant. Par contre qu’en sera t’il dans quinze ans ?”
Dans mon domaine on doit se remettre en question et s’auto-former en permanence, il faut s’adapter aux changements. Le monde évolue, il est tout naturel d’évoluer avec lui. Lorsque une filière se “bouche”, *tout* le monde à la capacité de se “recycler” dans autre chose, mais certains d’entre eux n’en n’ont ni la volonté, ni le courage. (je n’ai plus l’age, etc…). J’ai un de mes élèves qui a décidé de changer de métier à 55 ans… Tout est possible, à condition de le vouloir.
Enfin quand je “critique” le système généraliste, c’est qu’en dehors des premières années où on apprends le nécessaire afin de pouvoir acquérir d’autres connaissances, traiter certaines matières générales en profondeur n’a aucun intérêt (professionnellement parlant) à moins de vouloir l’enseigner.
“par contre on retrouve des classes primaires et élémentaires surchargées, des parents qui ne peuvent pas toujours donner une aide à leurs enfants pour les devoirs pour diverses raisons, voilà pourquoi organiser également la journée de l’enfant en y incluant les devoirs, avec la possibilité d’expliquer ce qui n’a pas été compris individuellement permettrait de reduire le problème.”
A l’époque de mes parents, les classes étaient bien plus chargées qu’aujourd’hui, et les parents pouvaient bien moins aider leur enfant que ce n’est le cas aujourd’hui.
Le problème de l’illétrisme n’est sans doute pas lié directement à la maternelle, je pense même qu’elle le limite, puisque les enfants apprennent ensuite dans le prolongement l’écriture et la lecture ; par contre on retrouve des classes primaires et élémentaires surchargées, des parents qui ne peuvent pas toujours donner une aide à leurs enfants pour les devoirs pour diverses raisons, voilà pourquoi organiser également la journée de l’enfant en y incluant les devoirs, avec la possibilité d’expliquer ce qui n’a pas été compris individuellement permettrait de reduire le problème.
Pour en revenir à la spécialisation, aujourd’hui tu enseignes et conseilles donc une formation qui pour toi es un bon “investissement sur l’avenir”, professionnellement parlant. Par contre qu’en sera t’il dans quinze ans ? Je ne dis pas que ta filière sera bouchée, ce que je veux t’expliquer c’est qu’à l’époque, on manquait de spécialistes dans certains domaines et qu’on a poussé beaucoup, beaucoup de monde dans cette direction. Et aujourd’hui, soit on accepte les conditions d’embauche qui sont donc défavorisantes pour ceux qui très nombreux ont choisi cette voie, soit on en revient à mettre en avant sa formation générale pour obtenir un poste mieux payé et dans un autre domaine. Le contexte était différent lorsque nous avons commencé nos études, et le sera encore quand nos étudiants d’aujourd’hui seront tous sur le marché du travail. Et anticiper devient finalement la meilleure façon de tirer son épingle du jeu ! C’est our ça que je pense que favoriser une formation générale, quitte à envisager une spécialisation par la suite, mais sur une plus courte durée, permet dans ces cas précis de ne pas avoir un faire un immense retour en arrière quand la situation qu’on nous vendait à l’époque s’avère erronée.
“La scolarisation obligatoire à 3 ans par contre, je suis totalement d’accord, c’est une grosse ânerie.” A l’époque de mes parents, les enfants n’allaient pas à l’école à 3 ans… Par contre, même le *pire* cancre de la classe de l’école primaire savait lire et écrire ! Aujourd’hui il n’est pas rare de trouver des illettrés dans la deuxième partie du cycle scolaire au collège… (4eme, 3eme…)
“Au lycée, ça peut quand même être interessant de proposer des formations aux jeunes vers les metiers qu’offrent leur région ? En Alsace et en région parisienne, les offres ne sont pas du tout les mêmes, c’est bien d’en tenir compte, je trouve.”
*ton* interprétation de la proposition est intéressante, mais cette mission peut parfaitement être assurée par le service d’orientation de l’établissement. Maintenant est-ce la la nature de la proposition (qui n’est pas très explicite), cela reste à définir.
Concernant la spécialisation, l’erreur n’est pas dans la spécialisation : elle est dans la spécialisation vers des domaines qui sont totalement bouchés, alors que dans certains domaines, le manque de personnel est énorme.
Par exemple j’enseigne dans un cursus spécialisé dans une école, dont 100% des gens ayant suivi cette formation sont employés en CDI sur une moyenne salariale de mémoire d’environ 36.000 euro annuels.
Maintenant il est certain que se spécialiser sur un domaine qui frôle l’inexistence, est une hérésie : chacun est libre de ses choix, mais il faut que les gens soient informés des conséquences de leur choix, et que, le cas échéant, lorsqu’ils font un choix à l’encontre du bon sens, les mêmes ne se plaignent pas (c’est du vécu !) de ne pas trouver de travail alors qu’ils sont un bac + xxx, alors que le poste cherché est inexistant.
Je ne suis pas tout à fait d’accord, voilà au moins des propositions qui certes demandent à être creusées, mais au moins collent à la conjoncture actuelle. Même si d’un point de vue politique je ne suis pas aujourd’hui orientée PS, je trouve que ça donne des piste interessantes :
-Concernant la maternelle, et ayant des enfants qui y sont actuellement, je ne pense pas que l’on peut la qualifier de garderie dans la mesure où il y a un véritable enseignement préparatoire à la lecture, l’écriture et les mathématiques. Il ne s’agit pas uniquement de socialisation des enfants, ils sont à cet âge là apte à assimiler énormément de choses qui leur permettront ensuite d’être capable de comprendre les cours préparatoire et élémentaires. La scolarisation obligatoire à 3 ans par contre, je suis totalement d’accord, c’est une grosse ânerie.
- A l’école primaire, ce qui serait surtout interessant, ce serait d’arrêter de rajouter aux enseignants des matières à caler dans le même emploi du temps hebdomadaire, et également de caler la journée sur les capacités de concentrations d’un enfant. Mais comme tu le dis, il faut encore mettre ces études en avant, en s’inspirant pourquoi pas des autres pays européens qui s’appuient dessus et ont un excellent taux de reussite notament dans les matières scientifiques qui demandent un minimum de concentreation. Le travail personnel devrait être inclus dans la journée de l’enfant, à l’école pour la bonne et simple raison que lorsqu’on fait le calcul école + devoirs, on se rend compte qu’il reste très peu de temps aux enfants pour avoir du temps libre pour ne serait ce que jouer… Et donc avoir une enfance !
- Au lycée, ça peut quand même être interessant de proposer des formations aux jeunes vers les metiers qu’offrent leur région ? En Alsace et en région parisienne, les offres ne sont pas du tout les mêmes, c’est bien d’en tenir compte, je trouve.
- Dispositif “nouvelle chance”, là, rien à dire…
- Quand à la spécialisation elle peut aussi être extrèmement pénalisante dans certains domaines. Quand à une certaine époque on nous orientait vers des filières universitaires avec spécialisation fortement conseillée, aujourd’hui sur le marché du travail il y a trop de monde pour ces postes et on finit par proposer un smic (hé oui !) à des personnes ayant fait des études poussées dans un domaine. Et finalement quand le problème du chômage survient, on leur demande quoi ? Une formation générale !
Je ne défends en aucun cas les idées du PS, loin de moi l’idée de la politique dans tout ça, mais je voulais juste un point de vue sur des idées qui me semblent être des pistes à explorer, même si je sais bien que rien de tout celà ne serait appliqué si le pouvoir devait arriver entre les mains de ces gens là. Ou si peu…
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